Triumph, Steve McQueen et le désert : quand les Moto anglaises régnaient sur l’offroad

Feb 09, 2021admin

Maîtresses de l’élégance dans le segment modern-classic, les bicylindres de Hinckley ont été des reines du tout-terrain et les compagnes d’aventure de célébrités légendaires.

Triumph avec la Scrambler 1200 et sa participation à la Mexican 1000 2019, un rallye américain qui, comme son nom l’indique, se déroule en Basse-Californie, au Mexique, est revenue poser ses pneus dans le désert. En effet, ce que beaucoup ignorent, c’est que Triumph a longtemps été une référence incontestée de l’enduro, menant à la victoire des noms désormais entrés dans la légende. Mais reprenons dans l’ordre.
Triumph : Référence incontestée de l’enduro

L’après-guerre et la naissance des Trophy

Tout commence ou presque en 1948, année où Triumph prépare trois exemplaires de TR5 en version spéciale pour l’International Six Days Of Enduro, les olympiades du tout-terrain moto, disputées à San Remo. La maison de Hinckley décroche trois médailles d’or, une dans chaque catégorie, ainsi que le titre constructeur de l’édition. Cette domination dure plusieurs années et pousse la maison de Hinckley à produire les Trophy, directement inspirées de ces versions spéciales conçues pour l’ISDE. Échappement haut deux-en-un, suspensions renforcées et Garde-boue haut étaient les principales nouveautés introduites sur la TR5 Trophy, un modèle resté au catalogue jusqu’aux années 1970 et devenu célèbre comme la moto favorite de James Dean ou la compagne quotidienne de Fonzie dans Happy Days. Les Trophy ont contribué à asseoir la réputation de la marque Triumph jusque de l’autre côté de l’Atlantique : à Hollywood, l’un des plus grands concessionnaires américains décide de miser sur un jeune talent du motocross US, Bud Ekins.

James Dean Triumph

Les succès Made in U.S.A.

Bill Johnson, propriétaire de la concession Triumph à Hollywood, croit en Ekins et lui fait livrer une TR5 Trophy : le pilote remercie et, pour s’acquitter, remporte la première course à laquelle il participe, le Catalina Grand Prix. Il prend goût à la victoire et, de podium en podium, s’impose comme le pilote d’off-road le plus célèbre d’Amérique, décrochant les années suivantes la deuxième place du Big Bear Motorcycle Run, une épreuve de près de 250 kilomètres de tout-terrain en Californie. Cette année-là, le podium est entièrement composé de Moto Triumph, et l’année suivante, 20 des 25 participants rouleront en Selle de Moto sur Triumph TR6 Trophy.
Bud Ekins : Le pilote d’off-road le plus célèbre d’Amérique

bud_ekins_triumph_stunt

La Moto des stars

Bud Ekins mise tout sur Triumph et décide d’ouvrir une concession à North Hollywood : sa renommée et celle des Moto de Hinckley attirent les célébrités du cinéma américain comme Paul Newman, Clint Eastwood et Steve McQueen, qui restera littéralement fasciné par les Triumph. Ekins demeure toutefois une référence parmi les pilotes et, dans les années 1960, il remporte, toujours au guidon d’une Triumph, la Hare and Hound, la Mint 400 et la Baja 1000 : des rallyes éprouvants qui confirment encore davantage la réputation des Moto anglaises comme machines capables de tout. Entre-temps, de l’amitié avec Steve McQueen naît une passion : le King Of Cool passe de plus en plus de temps dans l’atelier d’Ekins, commence à participer aux courses avec le pilote américain (et, lorsque les studios de cinéma ne l’y autorisent pas, il s’inscrit sous pseudonyme) et apprend rapidement à devenir rapide et efficace.

Le grand saut

Les deux deviennent alors inséparables, et lorsque McQueen doit partir en Europe pour le tournage de La Grande Évasion en 1962, il sait qu’un homme comme Bud pourra lui être précieux. C’est ainsi qu’est née l’une des scènes de cascade les plus célèbres de tous les temps : le saut de la palissade qui a rendu ce film immortel. Même si McQueen aurait voulu réaliser la scène lui-même, il savait qu’une telle prouesse nécessitait une technique exceptionnelle, c’est pourquoi il confia le guidon à Ekins. La Moto, inutile de le préciser, bien que déguisée en BMW (les Moto utilisées par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale), était en réalité une Triumph TR6 Trophy.

Le retour à l’ISDE

L’histoire devient légende en 1964. Ekins accepte l’invitation à représenter les États-Unis à l’International Six Days of Enduro en Allemagne de l’Est et parvient à intégrer McQueen à l’équipe. De Hollywood, les rumeurs d’inquiétude extrême des producteurs quant à ce voyage dans un pays hostile se multiplient (le Mur de Berlin divisait encore le monde en pleine Guerre froide), mais McQueen part tout de même, accompagné du frère de Bud, Dave Ekins, de Jhonny Steen et du pilote remplaçant Cliff Coleman. Tous, naturellement, au guidon de Triumph TR5 et TR6 Trophy. Ils ne gagnèrent pas, mais Ekins permit à McQueen d’entrer dans la légende de l’enduro. Steve_mc_queen_triumph

Envie de désert ?

Si ce récit vous a donné envie de soulever poussière et cailloux à chaque sortie en Moto, alors vous devez absolument lire notre « Comment réaliser une scrambler » , et si vous n'êtes pas vraiment des experts du « Do it yourself »… Nous vous attendons à l'atelier !
ACHETER ACCESSOIRES SCRAMBLER


Autres articles